Une consécration attendue
mardi 17 juillet 2001, par Christian-Jacques
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Depuis son ascension fulgurante de 1999 et sa finale perdue face à Martina Hingis à l’open d’Australie, revoilà Amélie en tête d’affiche d’un tournoi du grand chelem. Après une saison 2000 gâchée par des blessures à répétition, elle a su revenir à son meilleur niveau et je dirais à un niveau encore jamais atteint. Effectivement, si elle a connu le succès par le passé, c’est la première fois de sa carrière qu’elle maintient un tel niveau de jeu aussi longtemps. Elle a réalisé la préparation parfaite avant Roland Garros : une victoire à Amelia Island au mois d’avril sur la terre battue américaine, une victoire à Berlin en ouverture de sa campagne européenne et pour finir une finale à Rome où elle s’est inclinée en raison d’une usure physique et mentale. Au-delà d’une image brocardée par les guignols de l’info sur Canal Plus au sujet de son physique, je préfère m’arrêter sur des considérations tennistiques. Il est évident que celle-ci jouit d’un physique peu commun dans le tennis féminin moderne. Cependant, comment ne pas retenir une technicité extraordinaire et très au-dessus de la moyenne. Amélie sait tout faire, de sa frappe lourde à sa capacité d’aller vers l’avant. Aujourd’hui, elle est la seule sur le circuit à posséder toutes les armes du tennis. Beaucoup excellent dans un domaine mais elle, c’est dans tous les compartiments du jeu. J’entendais à la télévision, lors de la retransmission d’une de ses rencontres qu’elle devrait breveter son accélération de revers décroisé, et cela résume assez ce que l’on peut dire de son jeu : il y a tout à breveter et rien à jeter. Au final, il est tout naturel de la voir évoluer à un tel niveau et de faire figure de véritable épouvantail dans le tableau d’un tournoi du grand chelem. Désormais, elle est crainte non plus pour une capacité à briller mais bel et bien pour sa capacité à gagner de grandes confrontations et de grands tournois. |
Beaucoup peuvent penser que son éventuelle victoire à Roland Garros ne sortirait pas de l’ordinaire puisque cela a déjà été fait par Mary Pierce lors de l’édition précédente. Pourtant, il y a chez cette championne, bientôt d’exception, ce plus qui nous ferait vibrer comme aux plus belles années du tennis masculin français. Effectivement, elle porte en elle ce charisme, cette stature que peu d’individus ont et qui par magie, nous transporte dès que nous les voyons briller. Alors, j’aimerais que cette étoile brille lors de cette édition de Roland Garros et bien longtemps après. J’aurai envie de dire après sa victoire " Amélie Mauresmo, du rêve à la réalité " comme cela avait était le cas pour Yannick Noah après sa victoire sur Mats Wilander en 1983. |