lundi 16 juillet 2001, par simone redon
Toutes les versions de cet article :
pour une conversation avec Convoyeuses de l’air :

Coralie
Ce qui m’a le plus marqué c’est le Kosovo, il faut dire que je n’ai pas beaucoup d’autres expériences. Nous avons dû partir très rapidement on a trouvé une population de gens qui sortaient un peu du commun, je ne pensais pas qu’ils étaient, géographiquement si proches de nous, mais ils ne nous ressemblent pas du tout, leur façon de vivre est totalement différente.
J’ai ramené une petite fille, parmi les évacués sanitaires, après les évacuations des ressortissants, une petite fille amputée qui devait avoir une reéducation et une pose de prothèse en France, elle ne parlait pas un mot de français, nous communiquions par gestes. Je l’ai revue dans une émission à la télé six mois après montrant son départ vers sa famille, elle parlait français comme nous elle était toute belle, souriante j’ai toujours fait des postes oû on ne voit pas le malade évoluer et là, j’ai vu le résultat.
C’est vrai que nous prenons le malade pour le voyage, et c’est rare que l’on sache ce qu’il devient ensuite, nous somme là pour le convoyer dans les meilleures conditions possibles, nous ne sommes qu’un petit passage.
Muriel
Il m’est arrivé deux fois que des patients me reconnaissent à l’occasion d’autres missions. Une fois, en arrivant à Banghi, je vois arriver un légionaire qui fonce sur moi, je me suis retournée croyant qu’il avait vu quelqu’un derrière, du haut de ses deux mètres, il se met au garde à vous à six pas et me dit : ’ mes respects, lieutenant à je me suis dit ou lala qu’est-ce qui m’arrive ’ vous me reconnaissez pas ? je l’avais ramené 6 mois auparavant pour un palud et il ajoute ’ vous voyez je vais bien maintenant, vous m’avez sauvé ! à voilà une autre fois, j’avais ramené un jeune qui avait eu une balle à Sarajevo, il était dans le coma, un an après, je pars en détachement, j’étais à l’infirmerie, il arrive en consultation, je ne l’avais pas reconnu, il était bandé de partout, la première fois, et puis bon en discutant, je lui demande quelle est cette marque au front, ’ j’ai pris une balle à Sarajevo, j’ai été rapatrié à en comparant les dates, je me suis rendue compte que c’était moi qui l’avait évacué.

Nathalie
Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est Brazzaville en 1997 , j’avais mon poste depuis un mois, il a fallu mettre les gilets pare balle, ensuite il a fallu faire les soutiers, on n’avait personne pour décharger les véhicules, donc on laissait les moteurs tourner et je me suis retrouvée sous un tank avec le gilet pare balle comme infirmière mécano, ensuite nous avons fait monter les gens, rassuré les enfants.
Yvette
Moi j’ai toujours été fan d’aéroautique. Ma famille était sédentaire, on voyait les avions de la base de Dijon faire leurs manoeuvres et ça me tentait vraiment. Pour les autres, c’est plutôt le voyage qui fait rêver. Peu de gens ont autant d’ouvertures professionnelles que nous. On ne fait pas que convoyer des gens, il y a tous les à côté qui font que notre métier est passionnant. Transporter des gens qui viennent de subir les bombardements, le lendemain en hélicoptère dans la cour de l’Elysée, l’éventail est extême. Nous faisons aussi des stages chez les pompiers de Paris oû l’on va au secours d’une femme battue par son mari qui lui a planté un opinel entre les omoplates ou un petit jeune qui vient de se défenestrer de la Défense, enfin il y a de tout. On ne peut pas se dire ’ Il ne va rien se passer l’année prochaine il n’y aura rien de nouveau à c’est impossible.

Brigitte
On a décollé pour aller chercher un malade qui s’était fait piquer par un serpent. Vous imaginez la médecine européenne "quel serpent ?" "quel venin ?" nous sommes donc parties avec nos boîtes anti venin, il avait son serpent dans un sac en plastique et on lui avait collé un bout de sparadrap sur le ventre. On est monté comme ça dans l’hélico et puis nous on ne connaissait pas grand chose sur les serpents et leur venin. On a donc déclenché le vol d’un transal pour aller en Tha&itrema;lande dans un hôpital réservé pour les militaires du Cambodge, branle bas de combat, on transfert le malade, de l’hélico au transal, il se demandait s’il allait mourir,à banckok, gyrophare et transport à l’hopital, le malade toujours se demandant s’il allait mourir...il allait toujours très bien, en arrivant à l’hôpital on a fait venir un spécialiste et il s’est avéré que le serpent était inofensif, le venin aussi donc on l’a ramené, soulagé !
Sur la quantité de choses dramatiques que l’on voit, ce genre d’équipée devient amusante, mais au départ le risque était bien présent pour le malade.