mercredi 8 janvier 2003, par simone redon
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il m’a paru indispensable de le rencontrer pour vous, c’était mi-décembre 2002 et Patrice rangeait sa cave pour faire entrer les sapins de Noël pendant que son fils décorait le magasin..
Après 10 ans de bons et loyaux services à un grand groupe d’assurances, Patrice a décidé d’abandonné son travail fastidieux et sédentaire pour devenir Fleuriste. Aimant le contact et la variété des tâches que procure ce commerce, même si c’est dur, s’il faut se lever tôt, il fait ce travail avec passion.
Comment êtes-vous devenu Fleuriste ?
J’avais une bonne place dans les assurances, le confort, j’avais travaillé un petit peu dans la fleur les samedi et dimanche au départ, pour les fêtes, puis j’ai appris à servir le client, les livraisons, les deuils, c’est important les deuils, puis on m’a laissé le magasin après j’étais opérationnel, j’avais ça dans le crane, j’ai mis de l’argent de côté et j’ai acheté un premier magasin et voilà !
Qu’est-ce qui vous plaisait dans ce métier ?
Les contacts et puis, j’ai besoin d’être dehors, besoin de bouger, la fleur, j’ai appris à la connaître.
Vous connaissiez tout de même les fleurs, vous les aimiez ?
Au départ, je n’y connaissais que dalle ! Je ne connaissais même pas les noms ! Puis j’ai appris un nom pour chaque famille de fleur, particulièrement pour les roses, chacune a un nom… C’est énormément de travail. La première boutique que j’ai eu, j’étais avec une fleuriste, elle m’a beaucoup appris, c’était l’ancienne propriétaire, elle venait m’aider pour les deuils, les mariages…
Le Jardin d’Amandine n’ est votre premier magasin ?
Non, mon premier magasin était dans le quartier du Marais, je l’avais pris en gérance avec promesse d’achat au bout de deux ans, mais il est vite devenu trop petit. Je le regrette maintenant, je travaillais beaucoup avec les petits cafés théâtre, j’aimais bien la rue du Temple…
- La clientèle devient-elle ce qu’on en fait ?
Oui, j’ai une clientèle très sympathique : 60% d’habitués qui nous connaissent, passent commande et puis des gens qui s’arrêtent en voiture, au hasard ; on s’habitue trop à la clientèle, il faut que je change, tous les sept ans sinon on stagne, j’ai besoin de changer de coin…
Vous avez une idée ?
Je cherche un coin où il y a des commerçants, où il y a de la vie, le XVIème arrondissement c’est bien mais on n’y trouve une boulangerie que tous les trois kilomètres, je préfère avoir 100 clients par jour que 4 même s’ils dépensent beaucoup ! J’aime bien faire de la petite bouquetterie, pas trop chère, ensuite les bouquets ronds, il faut beaucoup de matériel, c’est un véritable atelier, des fils de fer, du papier de soie de toutes les couleurs, du kraft, du transparent, de la ficelle, du bolduc encore de toutes les couleurs, le matériel pour les deuils, les paniers…
Les saisons rythment le travail ?
Les saisons oui, mais c’est la semaine qui donne le rythme : Lundi, on se repose, mardi, jeudi et vendredi matin : Rungis , trois fois par semaine à quatre heures du matin, il faut bien calculer car « …les fleurs sont périssables… », je touche du bois car je ne me trompe pas trop. Certains collègues se font livrer, moi je préfère aller à Rungis, il me faut voir les fleurs, se faire livrer est plus hasardeux, il faut savoir d’où viennent les fleurs…
Il faut non seulement une âme d’artiste mais une âme de gestionnaire ?
Oui, le plus difficile c’est le 1er Mai, le muguet ça se travaille la veille pour le lendemain, en dernière minute, c’est très fragile, je pourrais vous en parler pendant des heures.
N’auriez vous pas aimé travailler sur les marchés ?
J’aurais moins aimé : j’ai besoin de mon atelier. Les marchés, c’est pas facile, s’il fait froid ils ne peuvent pas travailler, ici, s’il gèle je rentre tout, quand il fait trop chaud aussi, j’éteins toute les lumières il ne fait pas très chaud à Paris.
Avez-vous beaucoup de perte ?
Non, question de prévision… s’il m’arrive d’avoir des fleurs un tout petit peu abîmées pour les vendre, je les garde, j’ai des petites clientes qui s’achètent des fleurs, je leur offre.
C’est un bien gentil homme qui se démène dans le Jardin d’Amandine si le boucher voisin n’a pas eu son café quotidien, c’est à cause de moi... et oui, rue d’Avron, les commerçants s’entendent bien et partagent beaucoup de choses... et des cafés...
Votre plus grande passion ?
Ma Femme
Une grande émotion ?
Mes trois enfants
Votre plus grande aversion ?
L’injustice, les abrutis
Une cause que vous aimeriez défendre ?
Les enfants
Ce qui vous manque le plus ?
Le soleil... peut-être !
Que pensez-vous qu’il y ait dans le sac de votre femme ?
Je ne regarde jamais dans le sac de ma femme. Ce qui n’est pas commun c’est qu’elle a deux sacs : Elle est coiffeuse et met ses "outils" dans son deuxième sac.