lundi 12 mai 2003, par simone redon
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- Comment sont nées les « cabanes tchanquées » ?
D’origine Bordelaise, quand j’étais petite, on allait en bateau ramasser les huîtres sauvages. Vues de loin, les cabannes tchanquées, donnent l’impression d’avoir de longues jambes, car elles sont construites sur pilotis. Mon imagination les a transformées en un petit garçon "Cab’Arthur" et une petite fille "Cab’Amélie" Elles habitent sur l’Ile aux Oiseaux , et c’est accompagnées de la sirène Salomé, Pitchi le Goéland, Fulgor le Dragon … qu’elles vivent quantité d’aventures se rapportant à la mer.
- La recherche d’un éditeur est facile ou proche du parcours du combattant ?
Quand j’ai écrit les cabanes tchanquées, j’ai envoyé les manuscrits et dessins à pas mal de maisons d’édition. Et puis, l’une d’elles a été intéressée par mon style m’a demandé d’écrire une histoire qui fasse vraiment travailler l’imagination des enfants, entre quatre et sept ans, quelque chose de surréaliste. J’ai écrit l’histoire et l’ai présentée au salon du livre. Elle a beaucoup plu et on m’a proposé de l’acheter 7000,00 francs en donnant TOUS les droits d’auteur !
- Vous avez donc refusé et trouvé un autre éditeur ?
Oui mais en publiant à compte d’auteur, c’est à dire en payant ! On me demandait de payer en trois fois tout en laissant un chèque de caution qui a été encaissé avec le premier tiers. L’éditeur en question ayant un peu d’argent devant lui… est parti en vacances… au retour, avec l’aide d’un avocat spécialisé, j’ai pu récupérer mon chèque et trouver d’autres arrangements, finalement, les premières histoires des cabanes tchanquées vont sortir au mois de Juin. Quand on veut être édité et que l’on doit participer aux frais, il faut vraiment être très prudent. L’éditeur, lui, voit grand, forcément, avec l’argent des auteurs !
- Vous êtes déterminée ! Continuez-vous à chercher un autre éditeur ?
J’ai une autre histoire que je dois envoyer à d’autres maisons d’éditions, on verra bien !
Et Emmanuelle de nous raconter une nouvelle histoire, celle d’une petite fille, une grand-mère et une sorcière…
- Combien avez-vous d’idées à la seconde ?
Continuellement ! Il me suffit de regarder les gens, quand je vois quelqu’un dans la rue, j’imagine ce que je peux "en faire". Le dragon des cabanes tchanquées, m’a été inspiré par quelqu’un que je connais : un peu bourru, maladroit, un peu bougon mais très gentil, avec un coeur énorme… Il m’arrive de m’asseoir à la terrasse d’un café pendant une heure, de regarder les gens, d’écouter des bribes de conversation et je m’en inspire pour écrire mes histoires.
- Pourquoi des histoires pour enfants ?
Parce que je suis restée un gros bébé ! Je trouve que l’on vit dans un monde assez dur, égoïste, sans rêves et j’essaie de l’enjoliver en vivant en permanence dans une bulle, la réalité n’est pas très gaie, elle manque de magie, de fantaisie et j’essaie de mettre une carapace pour me protéger.
- Pourtant, il y a tout de même de bonnes choses dans la réalité ?
Oui mais elle est encore plus jolie, si j’imagine, par exemple, ouvrir une porte et me trouver face à des dizaines de peluches, petits personnages aux formes bizarres, monticules de diverses sucreries ou autre… On me dit souvent que je vis encore dans le monde de OUI-OUI. Mes personnages, je n’arrive pas à les faire vraiment méchants.
- Pourtant, on en rencontre des méchants ?
Oui, voyez, j’ai travaillé avec une femme grande, blonde, originaire d’un pays étranger, elle avait de grands yeux bleus, froids, presque pas de lèvres, très sèche, dure et autoritaire. Il faudrait que je la prenne pour une prochaine histoire ! Je suis allée également dans l’est de la France, pour un entretien , et dans le train, je vois une femme, toute en rouge et noir, une poudre blanche sur la peau, les paupières fardées de noir et les ongles longs et rouges. Elle avait quelque chose de diabolique. Elle passait dans les wagons, elle tremblait et me faisait peur. Donc, voulant sortir de la cabine, entre deux wagons, au moment où les portes s’ouvrent, elle passe, je me suis dit ; « elle va me faire quelque chose, me jeter un sort » et soudain, comme un caméléon, elle sort sa langue, elle n’avait pas d’incisives mais deux petites canines bien pointues et je me suis dit ; une sorcière ! c’est là que j’ai vraiment trouvé l’image d’Erika la sorcière, elle sera vraiment terrible !
- Vous écrivez depuis longtemps ?
Depuis l’âge de 15 ans, il m’arrive toujours des aventures hors du commun que j’essaie d’écrire…A l’école, je dessinais mes profs, je leur donnais des surnoms, j’ai toujours été « dans la lune » ou dans mon monde. J’ai eu du mal à imposer mes petits dessins, j’ai suivi des études de droit, sans grande conviction, tout en continuant à dessiner, sculpter… Je voulais faire quelque chose qui me plaisait et le partager. Et puis, les réactions des éditeurs m’ont encouragée à continuer.
Image : Cab’Amélie
Pas si « dans la lune » que ça, Emmanuelle promène son carton à dessin de boutiques en salons de l’habitat, des artisans, des éditeurs etc. elle bataille pour le faire exister son monde et a réussi à décrocher des contrats avec une grande enseigne de décoration, nous pourrons bientôt trouver ses personnages sur des papiers peints, des lampes, des cadres… Les personnages prendront vie pendant que les parents, sacrifiant à la tradition du soir, liront les histoires d’Emmanuelle, avant que les enfants ne s’endorment et imaginent à leur tour de nouvelles aventures pour les petits personnages devenus familiers.
Votre plus grande passion ?
Ecriture, Peinture, Brocante... et ramasser les champignons !
Une grande émotion ?
J’aurais aimé travailler un an pour une ONG, n’ayant pas les diplômes requis, je suis allée trois semaine en Afrique et pendant ces trois semaines, je suis allée voir un homme agonisant, atteint du Sida, il avait perdu un bras et une jambe, il n’y voyait plus. Tous les jours je suis allée le nourrir, lui apporter des vêtements... C’était un moment très fort car j’ai senti que je lui apportais un peu de bonheur.
Votre plus grande aversion ?
l’Hypocrisie
Une cause que vous aimeriez défendre ?
Les enfants maltraités et abandonnés
Ce qui vous manque le plus ?
Une famille unie, celle que je vais faire !