dimanche 22 juillet 2001, par simone redon
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Le décor rétro, est doux et l’on s’y sent bien tout de suite, les banquettes et poufs installés autour de la piste en petits groupes ainsi que dans une mezzanine et certaines un peu plus loin autour d’une mini-piste de danse. Une sorte de petite scène, lieu privilégié des danseurs chevronnés, qui viennent pour danser et peuvent en faire profiter les autres. Boules à facettes, paillettes, lumières clinquantes et mobiles font l’ambiance de la boite pour les éventuels mobiles cachés et contribuent à donner l’oubli d’une mauvaise journée, d’un rendez-vous raté…
Installée sur une banquette en angle, dans un recoin surélevé, avec vue sur la piste de danse, profitant des images renvoyées par les miroirs disposés sur les piliers, et juste à côté de la petite piste, me réfugiant derrière mon excuse, moins concernée que déconcertée, j’observais le jeu de chacun. Les messieurs, le sourire un peu crispé derrière leurs cravates faisaient le tour de la piste à la recherche d’une cavalière, d’une rencontre et plus si affinité, bonne danseuse pour certains, souriante pour d’autres et jolie de préférence. Ils avaient quelque chose d’attendrissant. D’autres messieurs, plus à l’aise s’installaient, debout, à l’endroit oû le champ de vision est large, observaient, imaginaient, et peut-être allaient jeter leur dévolu ou tenter de charmer l’une ou l’autre de ces dames. Celles qui n’étaient pas sur la piste étaient assises sur les banquettes, seules ou accompagnée d’un, d’une amie ou de plusieurs, sirotaient leur consommation tout en ne perdant rien du spectacle de danse et discrètement attentives aux faits et gestes des peut-être futurs cavaliers.
Au fil de la soirée, les messieurs qui faisaient encore le tour de la piste, avaient l’air de plus en plus tristes, malheureux ou déçus, quelques-uns restaient au bar ou sur les banquettes, d’autres bavardaient sans perdre espoir, mais beaucoup s’amusaient dans l’ambiance des musiques disco, des valses, des rocks, des tangos et autres boléros, sans oublier les slows. Comme les gens heureux attirent le regard, ils font partager leur joie à ceux qui les entourent ou les regardent simplement.
Un de ces messieurs m’a fait la grâce de sa compagnie et bien que l’ayant prévenu de mes intentions ou plutôt de mes "non-intentions", il est resté une bonne partie de la soirée à bavarder, blaguer, danser avec moi et j’ai apprécié ce moment très agréable. Il est facile de converser sans équivoques car les jeux sont clairs dès le début : on vient pour danser, pour séduire, pour s’amuser, pour le plaisir, pour se changer les idées et l’on évite ainsi de perdre du temps en mièvreries. Les jeux d’approche sont rapides et efficaces dans un sens ou dans l’autre, mais toujours courtois et respectueux. Le bon temps et le bon ton font la réussite de la soirée.
Les hommes avouent plus facilement être là pour "draguer", les femmes quant à elles ont du mal à l’avouer ou "à se l’avouer", comme disait mon compagnon de la soirée.
Même si la danse procure un plaisir tout à fait personnel elle fait partie intégrante du jeu de la séduction, et la technique ne peut remplacer la sensualité. La danse, ne l’oublions pas est une expression du charme et un prélude à l’amour tant chez l’homme que chez l’animal.