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Leur instrument de musique ? Une platine

Ces disc-jockeys sont les Mozart de l’an 2000

jeudi 6 septembre 2001, par Laurent Vautrin

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Que sont devenus nos Mozart ? En 1998, cet article nous proposait de rencontrer des DJ hip-hop avant le championnat de France de cette activité artistique.

Ils ont entre 15 et 25 ans et font "scratcher" les 33-tours. De la friture ? Non : de la mus ique. Ces virtuoses d’un genre nouveau vont s’affronter tout l’été pour le titre de champion de France.

Orlando trimballe sa silhouette longue et nonchalante jusque derrière la table de mixage. Il choisit deux galettes de vinyle qu’il pose quasi rituellement sur les platines, cale chacun des saphirs en début de plage préalablement sélectionnées et pousse le volume de la sono. De la main gauche - posée sur le disque A -, ce disc-jockey de 18 ans opère un va-et-vient osé. Un "scriiitch" strident déchire alors le silence de la discothèque de la Baule (Loire Atlantique), oû Orlando officie parfois. "Ca, c’est le scratch", s’excuse fièrement le jeune homme. On avait bien entendu. Pour autant, on ne pouvait croire qu’une telle friture sonore pût un jour déchaîner les passions. "Le scratch est la base de travail des disc-jockeys hip-hop, poursuit le virtuose des platines. C’est gr‚ce à ce mouvement sur le vinyle qu’on marque le tempo." La main droite d’Orlando libère désormais le mélodie du disque B. Un coup de scratch à gauche... Et les tempos des deux morceaux de rap finissent par se confondre. "On appelle ça le passe-passe", explique celui qui appréhende les platines comme s’il s’agissait d’un véritable instrument de musique. "A chacun son style, sa technique. Le plus dur, quand on débute, c’est justement de trouver le bon doigté", ajoute-t-il.

Orlando est encore au lycée. "En seconde alors que je devrais déjà être en fac. Ca, c’est à cause des platines." Le bac ? Au vrai, Orlando n’a qu’un seul but : remporter le Championnat de France de disc-jockeys organisé cet été par la maison de disque DMC. Ce label anglais produit des "remix" ( des réorchestrations) de hits destinés aux disc-jockeys du monde entier. Et chaque année depuis 1984, DMC sélectionne les meilleurs DJ d’une trentaine de pays. Les vainqueurs s’affrontent ensuite au cours du championnat du monde, qui se tiendra le 18 Octobre prochain à Paris. Les participants devront présenter un programme de leur cru. Ils auront six minutes pour convaincre un jury de connaisseurs. En France, la compétition a fait sortir de l’ombre Jimmy Jay, qui s’est par la suite illustré en tant que producteur de MC Solaar (2,5 millions de disques), ou encore Crazy B, disc-jockey du groupe Alliance Etnik. "C’est un métier artistique parmi les autres estime Boumedienne, 18 ans, qui concourt aussi pour le Championnat de France. Derrière chaque rappeur, il y a un DJ qui "scratche". C’est notre instrument de musique à nous. Et puis appelez-moi Ded.N, je préfère." Ded.N est le pseudonyme de Boumedienne. Car chaque DJ se doit de choisir un nom de scène. "C’est dans la mouvance", explique-t-il. Ded.N (donc) ne va plus à l’école. "J’ai tout abandonné pour les platines." Il s ’entraîne neuf heures par jour dans une chambre d’adolescent qui jouxte celle de ses parents, dans un appartement de Clichy (Hauts-de-Seine). Des parents qui préfèrent le voir là, à la maison, derrière ses platines, "plutôt que de traîner dans la rue et de faire des conneries". Mâchant un bâton de réglisse, il raconte qu’il ne se connaît plus qu’une passion : la musique. Et se voit déjà à la tête des hit-parades avec son groupe de rap. "On est cinq potes : deux DJ, un compositeur et deux rappeurs. On s’appelle la Umma. Ca veut dire la communauté en arabe, car on est trois algériens, un portugais et un italien."

Deuxième nation du rap, derrière les Etats-Unis, la France est, selon Wilfrid de Baise, directeur de DMC France. "Un vivier de jeunes talents." Il précise que si aucun français n’a encore remporté le championnat du monde des disc-jockeys, son représentant Crazy B a terminé deux fois troisième et a été trois fois vice-champion du monde." La France rappe, donc. Les ados "tchatchent" et les DJ "scratchent". Mais attention, rien à voir avec la variétoche rap du genre Doc Gyneco, s’exclame Ded.N. Lui c’est : "J’nique toutes les meufs, c’est toutes des tassepé ( des pétasses, NDLR)." Non Ded.N se revendique plutôt de l’américain Q.Bert, le meilleur "scratcheur" au monde, parait-il. "J’aime aussi les textes d’Oxmo Puccino, un marseillais. Il parle de sa mère, des mères en général. Il raconte des choses saines, pas forcément engagées mais jamais niaises."

Que l’on soir rimailleur ou "scratcheur", la mouvance ne cesse de prendre de l’ampleur, avec ses rites et son code d’honneur. Avant tout, un DJ a l’esprit de tribu. "Coacher" un poulain fait donc partie des convenances hip-hop. Ainsi Thomas, dit Pone, 20 ans, troisième au championnat de France de l’année dernière, enseigne son art à Guillaume, alias DJ Lee, 16 ans. Originaire de Meaux (Seine-et-Marne), les deux garçons ne se quittent plus. Et se rasent mutuellement le cr‚ne tous les quinze jours. "C’est un rituel entre nous, explique Pone. On flashe sur cette coupe. Alors, je le rase, il me rase. Ma mère n’aime pas me voir avec ce look. Mais pour ce qui est de la musique, mes parents me disent rien tant que tout se passe bien à l’école. L’année dernière, j’ai passé mon bac en même temps que je participais au championnat de France." DJ Lee compte marcher dans les pas de son mentor, et s’entraîne dur pour la compétition. "Je veux en faire mon métier, dit Lee qui, pour l’heure, est inscrit dans une école d’ingénieurs du son. Certes la cote des DJ hip-hop est encore loin d’être celle des DJ de musique techno dont les plus réputés gagnent 80 000 francs de l’heure. Mais Pone parvient tout de même à garnir son bas de laine. "J’ai pris 3 000 francs pour une démo de six minutes." Et, récemment, le groupe marseillais IAM a fait appel à son talent de "scratcheur" pour la bande originale du film Taxi de Gérard Pirès. Comme ne cesse de le répéter Ded.N : "C’est un métier."

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1 Message

  • tous sa s’est bien mais je voudrai dire que l’on est en 2006 que le vinyle c’est bien mais avec les nouvelles platines cd on peut faire des choses que l’on peu effectuer avec du vinyle ex effect loup et le son numerique passe mieux en soiree manque des fois la version longue des morceaux qui ne sorte pas en cd je les trouve sur le net dans des forums dj et comme je suis sur cd les dj en profite pour me traiter de charlot alors qu’au niveaux du mixe ils ont la plupart des choses a revoir vivement que cette mantaliter change et que les petits fils de bourgeois qu’on les moyens de se payer 1000 euro par moi de vynil accepte de faire de la place a ce qui sont obliger de telecharger une partie de leur son sur le net je serai engager dans une boite se serai different car je ressevrai gratuitement les nouveautes memes si j’ai une bonne reputation dans le mixe les boites refuse de me donner ma chances alors qu’il entende parler de moi c’est un truk de fou comment avoir sa chance je me le demande quand on galeres financierement je vais pouvoir trouver un job grace a dj morgan car je suis de vierzon et lui aussi en fesant sa connaissance il ma proposer de faire un essais et la le vent va commencer a tourner donc si vous etes pas vinyles et que vous assurrer en temps que dj il faut bouger et trouver un dj pro qui croit en vous a plus djfreeman

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