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Marie, Virtuose du Cuir.

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jeudi 19 juin 2003, par simone redon

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  • [français]
Marie nous a invités à regarder son travail, nous avons pris plaisir à cette visite. Nous avons voulu en savoir plus sur cette créatrice en véritable osmose avec la matière qu’elle s’est approprié et ses sources d’inspiration.

- À quel moment vous êtes-vous approprié le cuir, en tant que matière et pourquoi cette matière, justement, est-elle votre meilleur moyen d’expression ?

- Le cuir a été délaissé au profit des nouvelles technologies du textile et des plastiques, même si aujourd’hui il retrouve ses titres de noblesse, il y a 10 ans quand j’ai commencé à le travailler, seule la "culture rock" lui restait fidèle. Je me suis mise à me vêtir de cuir, j’étais incapable de jeter la moindre chute alors j’en ai fabriqué des bijoux, je m’inspirais de ce que je dessinais abandonnant les personnages pour leurs attributs. Le cuir est une matière vivante, j’ai développé une sensualité avec lui, je l’ai utilisé de façon atypique.

- D’où vient cette "culture rock" ? Que signifie-t-elle pour vous ?

- Oui ! Je parle bien évidemment de mon interprétation propre de l’humanité, celle que j’exprime lorsque je philosophe avec moi-même. J’agis par syllogismes, je détermine des axiomes en analysant mes émotions au travers de mon expérience et je les confronte aux théories acquises de l’érudition. Pour moi la "culture rock" naît du blues bien sûr, mais elle est empirique à compter des années 70. Elle n’était pas une mode, un courant musical, mais la libération de valeurs ancestrales du joug de la civilisation, enrichie de l’évolution humaine et technologique. Le conditionnement social se divisait en donnant à chaque être le choix entre deux valeurs existentielles. Notre instinct grégaire n’était plus exclusivement régi par le schéma hiérarchique classique qui aujourd’hui encore est et sera à jamais l’environnement inéluctable de la vie physique. La liberté d’expression a permis à une minorité de se différencier. Les signes de reconnaissance se sont automatiquement matérialisés autour des arts à commencer par la musique qui est depuis la nuit des temps une connexion avec notre spiritualité. Ce qu’est pour moi la "culture rock" : un résidu de notre âme guerrière empreinte de valeur profonde et d’intégrité de l’individu.

- Si vous nous parliez un peu de "votre planète" ?

- Toute petite, d’instinct j’ai assouvi mon besoin créatif, j’ai dessiné, cousu, tricoté, bricolé et je rêvais, je me faisais des films, inconsciemment, j’ai préservé tout ça en le gardant pour moi. Je suis une autodidacte, à chaque fois que j’ai construit quelque chose, j’y ai cru profondément. Je ne me projetais jamais dans un futur lointain, je vivais ponctuellement en nourrissant ma vie intérieure des petits bonheurs de l’existence. "Ma planète", elle me guidait depuis toujours, car quand mon quotidien devenait un leurre, mes rêves devenaient des cauchemars, à chaque fois ça m’a poussé à me remettre en question.

- L’art du tatouage a une grande importance dans votre travail ?

- Le tatouage est un des arts maîtres de la "culture rock" et comme pour le cuir il faut se projeter une dizaine d’années en arrière, en un temps où il était encore très marginalisé. Ma rencontre avec Maya, une grande artiste qui tatoue sur Marseille est le pivot qui m’a fait basculer dans l’art. Nous avons beaucoup de goûts en commun et notre relation s’est installée autour d’une communication artistique, elle me couvre de tatouages et je l’habille de cuir. Maya a vu mon talent et l’a mis en avant alors que je le rêvais sans même oser y croire. Elle m’a ouvert ses horizons en m’emmenant dans des conventions tattoo, j’apportais quelques pièces que j’exposais sur son stand. Pour la première fois, la réalité a dépassé mes rêves, je ressentais une appartenance tribale et j’ai pu communiquer avec profondeur sans galvauder mon travail car ma complicité avec Maya me permettait d’être en accord avec moi-même, de me placer en spectatrice de ma vie lorsque de puissants flux émotionnels envahissaient mon esprit. Une seconde rencontre dans cet univers a été prépondérante pour moi, Mike the Budha, il m’a poussé à m’émanciper, à m’assumer en tant qu’artiste. J’ai appris les symboles ancestraux au travers du tatouage, je m’y suis trouvée et je les ai interprétés avec ma matière, le cuir.

- De quels symboles ancestraux s’agit-il ?

 - La pluralité des cultures est immense, celle avec laquelle j’ai le plus d’affinités est celle des Maoris : ils traduisent les énergies par le mouvement, le tatouage extériorise l’évolution de leur être, tant sur le plan de la hiérarchie sociale que dans leur fort intérieur. Peut-être plus facile d’accès car elle est encore empreinte d’une grande spiritualité de nos jours, la culture asiatique. Plus proche de nous, le Celtique. Vous savez, on a retrouvé une momie de plus de 5000 ans qui était tatouée !

-Vous avez travaillé pour la haute couture, comptez-vous renouveler l’expérience ?

- J’ai abordé le monde de la haute couture de la même façon que celui du tatouage mais avec la maturité acquise des relations profondes qui me lient à Maya et à Mike the Budha. Une rencontre, Helga qui assurait l’intérim de la direction artistique de la maison Féraud, une fois encore "ma planète" est devenue réalité. Ça m’a aidé à aborder cet univers qui comme celui du tatouage est une concentration d’artistes capables de reconnaître le talent et de le dire, mais est soumis à un carcan protocolaire et à ses règles de préséance. Évidemment, je rêve de travailler à nouveau pour la haute couture et 2 fois par an, je les empêche de m’oublier en leur présentant l’évolution de mon travail. - Comment travaillez-vous, sur commande, selon votre inspiration ?

- J’ai un stand dans au moins une convention par an, celle de Belfort organisée par Mike, les pièces que j’expose sont propres à mon inspiration personnelle (je ne dessine plus que pour le cuir), j’ai aussi des échantillons de travail de matière, c’est une bonne représentation de mon travail. Ensuite, tout se fait dans la communication, que ce soit sur le stand, sur rendez-vous et même par correspondance (beaucoup plus facile depuis que j’ai Internet !), on peut venir avec une idée très précise et un dessin, comme avec un désir enfoui et me demander de l’interpréter. Je prend mes mesures et dessine le patron (selon les pièces, un essayage sur toilé peut être nécessaire) ou on me laisse un vêtement qui me sert pour mes cotes. Le seul impératif, la sincérité et la profondeur de la démarche.

- Vous souhaitez aussi vous lancer dans l’ameublement, ferez-vous de la restauration Si, par exemple, j’ai un fauteuil en cuir abîmé, que je vous envoie une photo, pouvez-vous faire une proposition pour le rénover en lui donnant « votre coup de patte » ?

- Exactement !! Je l’aborde de la même façon que la sellerie moto pour qui je demande un socle, l’approche est plus facile par la restauration, mais n’oublions pas les artisans qui peuvent réaliser cette base en me laissant l’habillage.

Notre Invitée en 5 questions

Votre plus grande passion ?
C’est évidemment mon travail

Une grande (dernière) émotion ?
quand j’appris à conduire sur un 1340 Fat-boy Harley davidson, en trois jours j’étais capable de me déplacer seule avec, sur courte distance et débutante mais seule avec ce monstre de 400 kilos.

Votre plus grande aversion ?
le mensonge et l’hypocrisie

Une cause que vous aimeriez défendre ?
j’aurais tendance à dire le défense des trés petites entreprises mais je pense que vous parlez de cause humanitaire alors la maltraitance des enfants, c’est abject !!

Ce qui vous manque le plus ?
l’humanité dans les administrations

"Le Sac des Filles"

Dans mon sac : un petit ganesh en bronze, une petite tête de mort en métal et accroché à mes clefs un poignard tibétain miniature

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3 Messages de forum

  • Marie, Virtuose du Cuir.

    18 janvier 2007 13:15, par emmanuelle RAAS
    bonjour ! je suis élève dans une école de design de produit, et j’envisage de faire un stage et peut être poursuivre ma formation dans le travail du cuir. Je recherche actuellement des adresses et des artistes travaillant cette matière...serait-il possible d’avoir un lien vers son site personnel ou une adresse, un n° de téléphone ?

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  • Marie, Virtuose du Cuir.

    11 janvier 2007 18:16, par Françoise
    Voilà !J’ouvre une boutique de décoration d’intérieure et je suis en recherche de coussin en cuir.Je suis tombé sur votre site,et j’ai été émerveillé par le travail de Marie(un vrai talent)j’ai lu qu’elle pouvait faire des articles sur mesure et j’aimerais savoir si elle peux faire des coussins en cuir.Comment puis-je la contacter ?Merci de faire transmettre mon méssage. PS Voeux de bonheur et de réussite à tous.

    Voir en ligne : Marie, Virtuose du Cuir.

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