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Michelle part en vacances...en Floride !

jeudi 6 septembre 2001, par Michelle Boni

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Malgré ses charges familiales, Michelle se laisse emporter, encore une fois,par ses pulsions vers des lieux inconnus qui lui réservent de merveilleuses surprises.

C’’était un jour de janvier, le temps tristounet lui sapait le moral. Fatiguée de ses journées "auto-boulot-bobo-dodo", elle rêvait de liberté. Scotchée devant son ordinateur, connecté à internet depuis un moment, elle s’imaginait cheveux dans le vent (non pas possible...trop courts !) seule sur sa bicyclette longeant les plages de sable fin, ou sur un bateau n’ayant pour compagnie que les dauphins, les oiseaux, le soleil et la mer.

Elle ne contrôlait plus ses doigts et voilà qu’en deux clics Degriftour répond à sa demande "un billet A/R Paris-Key West pour 2 500 francs !" Et si son rêve devenait réalité ? Après tout il suffit de faire un passeport et de trouver quelqu’un pour aider Papa à s’occuper des enfants... En deux jours tout est bouclé...

Comment ça elle abandonne ses enfants ? mais non voyager seule tout en étant mariée et maman ne signifie pas "abandon de domicile", après tout si elle était en maison de repos deux semaines, vous la plaindriez, n’est-ce pas ? et bien elle préfère se dorer au soleil et partir à la découverte des Keys.

10 jours plus tard, c’est le départ ! les enfants lui souhaitent un bon voyage : "on t’enverra des mails...tu nous ramèneras des cadeaux... ?". Son mari est plus anxieux : "t’as bien tout pris, ton passeport, des dollars, des francs..."

Michelle savait que l’essentiel était dans le sac : maillot de bain, bouquins, projet de site internet, adresses électroniques...

Décollage parfait, l’ambiance des vacances règne déjà dans l’avion. Les passagers semblent heureux de briser leur routine. Premier changement à Philadelphie, pouah ! quelle horreur, il neige ! comment ça faut récupérer les bagages pour les réenregistrer ? dans un autre aérogare ? et tout ça en anglais ! Ah ça y est ! voici la correspondance... ben pourquoi y en a qu’attendent et d’autres qui rentrent dans l’avion ? l’hôtesse parle trop vite... impossible de la comprendre ! tant pis j’y vais...ben pourquoi je dois attendre aussi ? ah ok maintenant elle me fait signe d’y aller...j’ai rien compris, galère... ! Ah ça y est, j’ai compris, faut rentrer par ordre de siège, les passagers du fond entrent en premier pour éviter les bousculades. J’suis épuisée, ma tête va éclater, j’ai la nausée à cause d’un mec qui puait de la gueule juste devant moi dans le premier avion. Quelques heures plus tard, 2ème changement d’avion à Miami ! Mais pourquoi les douaniers posent-ils plusieurs fois les mêmes questions ? \"Avez-vous quelque chose à déclarer ? nourriture dans votre sac ? arme ? que venez-vous faire aux USA ? travailler ? chez qui allez-vous ? combien de temps ? l’adresse oû vous résiderez ?..."

Ma soeur exilée depuis 20 ans en Floride me réserve un accueil chaleureux. Je découvre son petit coin de paradis situé à plusieurs milliers de km de chez moi. Dès le lendemain matin, elle me fait découvrir les environs tout en promenant son chien Fergus le long de la plage... à deux pas. Les pistes cyclables sont aussi larges que les routes, impressionnant ! Flûte ! voilà qu’il fait ses besoins sur les algues !

- Tant pis Yoyo, tu caches avec les algues.

- T’es pas bien, ici c’est pas Paris ! tout le monde ramasse

les excréments de son chien dans un sac en plastique, je risque d’être dénoncée par quelqu’un qui m’a vue et payer une amende !

- Non ! tu plaisantes.. ! ah, ah,

- Absolument pas. Et me voilà dès le premier jour en train de creuser un trou dans le sable pour enfouir le caca du chien.

- Ben oui, à Key West y a pas de crottes de chiens par terre

 !!! y a pas de tags sur les murs !!! y a pas de papiers qui traînent !!!

Hannah souhaite que j’aille déjeuner avec elle à la cantine.

- t’es sûre que je peux ? c’est autorisé dans ton école ?

- Mais oui, Tata, la famille a le droit de venir déjeuner avec les élèves et même de participer aux cours dans la classe !

Quelle surprise ! …évidemment j’accepte l’invitation. Le lendemain midi, je me présente à l’accueil de son école avec mon "lunch". Je m’inscris sur un carnet : "nom - prénom - lien de parenté avec l’élève".

Super ! je partage mon repas avec tous ses copains et copines... Ils se moquent de moi parce que je ne parle pas bien l’américain...les chenapans !

Ils ne sont pas cancres, mais plutôt très respectueux envers leurs aînés. Chacun nettoie la grande table à tour de rôle.

- Hannah, la prochaine fois, je viendrai avec mon appareil

photo, et je ne me casserai pas la tête à me préparer un lunch, je prendrai un plateau comme toi, au self (30 F. seulement), je resterai également tout l’après-midi dans ta classe, si tu veux bien ?

- Oh ! merci Tata, s’il te plait, mes amis veulent que tu imites le singe comme tu fais si bien !

Et me voilà, dès le deuxième jour à faire le singe devant toute une tablée de petits américains de 11 ans !!!

Les jours suivants, j’apprends à me repérer sur l’île. Je décide de faire un petit tour au centre ville rendre visite à ma soeur, chez "Croissants de France", le business de la frangine. Elle m’avait laissé son portable au cas oû... J’enfourche mon vélo et hop c’est parti... Comme c’est drôle, y a pas de feux tricolores aux carrefours, ici ? bizarre !!!

Ah si ! ils sont suspendus !!! je l’ai échappé belle !!!!! je comprends rien à ces feux, pourquoi les voitures s’arrêtent si loin avant ? Moi je m’arrête juste sous le feu, comme en France et voilà comment je me retrouve la première semaine au centre d’un carrefour avec mon vélo, entourée de voitures qui klaxonnent... !

Je ne trouve pas Croissants de France. "Allo Yoyo, ça se trouve oû Croissants ?"

- t’es où ?

- dans la Duval street

- t’as bien tourné à droite, pour prendre la Duval quand t’as quitté la US1 ?

- non pas besoin, je suis allé tout droit et je suis tombé dans la Duval street.

- impossible, t’as dû tourner à droite

- je t’assure que non, même que le panneau est au-dessus de ma tête "DUVAL STREET" - je ne comprends pas

- c’est pas grave je me débrouille avec mon super anglais

Et voilà comment je me suis rendu compte que les panneaux indiquant la rue de gauche ou droite étaient également suspendus avant l’entrée dans la rue, donc dans celle perpendiculaire, contrairement à la France oû le panneau est fixé sur un mur en début de rue. Attention ! les voitures peuvent tourner à droite si la voie est libre même si le feu est rouge.

Une fois la bonne maîtrise du code la route,quelques jours avant mon départ, j’enfourche de nouveau mon vélo, pour faire le tour complet de l’île. Balade superbe ! il fait bon, le vent me rafraîchit. J’ai adopté le look américain, casquette, baskets, short, Minute Maid pris dans le congélateur. Que de découvertes, je longe les barraques des hippies, flottant sur l’eau, retenues par des cordes. Certaines n’ont pas été épargnées par les ouragans et prennent le large, abandonnées aux poissons. Les amoureux s’abandonnent sur ’leur îlotà féérique, cachés derrière les énormes troncs d’arbres aux racines enlacées qui retiennent le sable créant un lit douillet. Même Ulysse n’aurait pas résisté aux appels des sirènes sur cet endroit si magnifique.

1 mile plus loin, le coin devient plus touristique ’plus carte postaleà, les mannequins en bikini et chapeau de soleil se dandinent sur la plage prenant appui sur les cocotiers. ’Le clochardà me surprend à photographier les distributeurs de journaux, on discute, il se moque des touristes qui franchissent les clôtures des plages temporairement interdites. J’ai soif, il est temps d’avaler mon Minute Maid, l’emballage est suspect car différent de celui de France... pouah !!!! c’est du concentré à diluer dans l’eau ! Je me jette sur un cocktail de fruits que je partagerai avec un oiseau très culotté.

Je continue ma route, carrément égarée. Chouette, voici la Forgaty street oû j’habite. Zut la maison a disparu, je parcoure 3 fois la rue de long en large, LA MAISON A DISPARU !!! je commence à paniquer...je rebrousse chemin et regagne un lieu repérable qui me conduira jusqu’à la maison toujours dans la Forgaty street. J’en déduis donc qu’il y a 2 rue Forgaty !!! et bien non y en a qu’une ! mais elle coupée par une rivière et faut deviner qu’elle continue de l’autre côté. Ah, des plaisantins ces américains...

Le lendemain, je laisse mon vélo pour une sortie en bateau avec Paul (mon beau frère) et Yann (mon neveu). Départ à 7 h du matin, même pas le temps d\’avaler un ptit déj... je saisis à la hate un yaourt et des chaussures sur les consignes du beau frère (des chaussures pour quoi faire en pleine mer ?). Embarquement.

Le bateau se déplace à sa vitesse maximale, se faufile entres les îlots et m\’ouvre le chemin du paradis. A 1 h du port, Paul ralentit, chausse ses bottines de randonnée, en pleine mer, et s’empare d’une cane à pêche. Yann le suit. Ils me proposent de partir avec eux, "je ne suis pas Jésus, je ne marche pas sur l’eau, moi !"

Et bien oui je les ai vu marcher sur l’eau, j’hallucinais, car au milieu de l’océan y a des bancs de sable splendides. Pendant qu’ils tentaient d’appater les poissons, j’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie. Un couple de dauphins sautaient devant mon bateau. Merci Noé, de m’offrir ce spectacle.

De retour à Paris, détendue, enchantée de retrouver sa petite famille Michelle choisit de changer de cap, prend le taureau par les cornes et change de travail. Elle conseille à tous les mamans et papas de ne pas se laisser sombrer par la monotonie de la vie. Il existe des petits coins de paradis un peu partout, il suffit parfois de lever les yeux et d’écouter le soleil.

Les jours suivants, j’apprends à me repérer sur l’île. Je décide de faire un petit tour au centre ville rendre visite à ma soeur, chez "Croissants de France", le business de la frangine. Elle m’avait laissé son portable au cas oû... J’enfourche mon vélo et hop c’est parti... Comme c’est drôle, y a pas de feux tricolores aux carrefours, ici ? bizarre !!!

Ah si ! ils sont suspendus !!! je l’ai échappé belle !!!!! je comprends rien à ces feux, pourquoi les voitures s’arrêtent si loin avant ? Moi je m’arrête juste sous le feu, comme en France et voilà comment je me retrouve la première semaine au centre d’un carrefour avec mon vélo, entourée de voitures qui klaxonnent... !

Je ne trouve pas Croissants de France. "Allo Yoyo, ça se trouve oû Croissants ?"

- t’es où ?

- dans la Duval street

- t’as bien tourné à droite, pour prendre la Duval quand t’as quitté la US1 ?

- non pas besoin, je suis allé tout droit et je suis tombé dans la Duval street.

- impossible, t’as dû tourner à droite

- je t’assure que non, même que le panneau est au-dessus de ma tête "DUVAL STREET"

- je ne comprends pas

- c’est pas grave je me débrouille avec mon super anglais

Et voilà comment je me suis rendu compte que les panneaux indiquant la rue de gauche ou droite étaient également suspendus avant l’entrée dans la rue, donc dans celle perpendiculaire, contrairement à la France oû le panneau est fixé sur un mur en début de rue. Attention ! les voitures peuvent tourner à droite si la voie est libre même si le feu est rouge.

Une fois la bonne maîtrise du code la route,quelques jours avant mon départ, j’enfourche de nouveau mon vélo, pour faire le tour complet de l’île. Balade superbe ! il fait bon, le vent me rafraîchit. J’ai adopté le look américain, casquette, baskets, short, Minute Maid pris dans le congélateur. Que de découvertes, je longe les barraques des hippies, flottant sur l’eau, retenues par des cordes. Certaines n’ont pas été épargnées par les ouragans et prennent le large, abandonnées aux poissons. Les amoureux s’abandonnent sur ’leur îlotà féérique, cachés derrière les énormes troncs d’arbres aux racines enlacées qui retiennent le sable créant un lit douillet. Même Ulysse n’aurait pas résisté aux appels des sirènes sur cet endroit si magnifique.

1 mile plus loin, le coin devient plus touristique ’plus carte postaleà, les mannequins en bikini et chapeau de soleil se dandinent sur la plage prenant appui sur les cocotiers. ’Le clochardà me surprend à photographier les distributeurs de journaux, on discute, il se moque des touristes qui franchissent les clôtures des plages temporairement interdites. J’ai soif, il est temps d’avaler mon Minute Maid, l’emballage est suspect car différent de celui de France... pouah !!!! c’est du concentré à diluer dans l’eau ! Je me jette sur un cocktail de fruits que je partagerai avec un oiseau très culotté.

Je continue ma route, carrément égarée. Chouette, voici la Forgaty street oû j’habite. Zut la maison a disparu, je parcoure 3 fois la rue de long en large, LA MAISON A DISPARU !!! je commence à paniquer...je rebrousse chemin et regagne un lieu repérable qui me conduira jusqu’à la maison toujours dans la Forgaty street. J’en déduis donc qu’il y a 2 rue Forgaty !!! et bien non y en a qu’une ! mais elle coupée par une rivière et faut deviner qu’elle continue de l’autre côté. Ah, des plaisantins ces américains...

Le lendemain, je laisse mon vélo pour une sortie en bateau avec Paul (mon beau frère) et Yann (mon neveu). Départ à 7 h du matin, même pas le temps d\’avaler un ptit déj... je saisis à la hate un yaourt et des chaussures sur les consignes du beau frère (des chaussures pour quoi faire en pleine mer ?). Embarquement.

Le bateau se déplace à sa vitesse maximale, se faufile entres les îlots et m\’ouvre le chemin du paradis. A 1 h du port, Paul ralentit, chausse ses bottines de randonnée, en pleine mer, et s’empare d\’une cane à pêche. Yann le suit. Ils me proposent de partir avec eux, ’je ne suis pas Jésus, je ne marche pas sur l’eau, moi !à

Et bien oui je les ai vu marcher sur l’eau, j’hallucinais, car au milieu de l’océan y a des bancs de sable splendides. Pendant qu’ils tentaient d’appater les poissons, j’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie. Un couple de dauphins sautaient devant mon bateau. Merci Noé, de m’offrir ce spectacle.

De retour à Paris, détendue, enchantée de retrouver sa petite famille Michelle choisit de changer de cap, prend le taureau par les cornes et change de travail. Elle conseille à tous les mamans et papas de ne pas se laisser sombrer par la monotonie de la vie. Il existe des petits coins de paradis un peu partout, il suffit parfois de lever les yeux et d’écouter le soleil.

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