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Olivia Ruiz, l’Etoffe d’une Grande !

mercredi 10 décembre 2003, par simone redon

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Olivia Ruiz ? Olivia Ruiz !, vous vous souvenez, nous vous invitions à découvrir son album, riche des univers de différents auteurs et compositeurs ! Tombée sous le charme de son concert à la Maroquinerie, la rédaction a voulu en savoir plus sur cette jeune artiste dont le léger accent du sud ponctue la clarté des propos.

La carrière d’Olivia Ruiz a débuté depuis bien longtemps : déjà sur scène à l’âge de 12 ans, elle n’a jamais arrêté depuis. Malgré son passage à la Star Académy, elle a su obtenir la confiance de ceux qui font la chanson qu’elle aime : ils ont travaillé avec et pour elle. Ils sont La Chanson d’aujourd’hui, ceux qu’il faut « mériter » en étant curieux, en allant à leur découverte. On ne les entend que très peu à la radio -pas sur toutes les fréquences- on ne les voit pas à la télévision mais ils sont bien présents sur les scènes francophones. Ils font partie du « Spectacle Très Vivant ».

- Vous avez choisi vos auteurs et eux ont été contents de travailler avec vous, « l’abordage » a dû être dur ?

- C’est vrai qu’au départ ils étaient plutôt dans la polémique anti Star Académy. Je crois que le déclic s’est plus ou moins fait à la première rencontre même si, par exemple pour Juliette ou Néry, c’était assez froid, j’ai senti que j’avais fait passer ce que j’avais à faire passer : mes envies, quel type de texte, pourquoi, quel type de thème, je crois qu’ils ont tous ressenti, dès la première rencontre, que j’étais sincère, que je n’allais pas les voir par hasard mais que j’allais les voir pour ce qu’ils étaient vraiment, en tant qu’artiste. Ils ont été très surpris que je connaisse par cœur leur répertoire.

- Quand vous demandez à quelqu’un de travailler pour vous, donnez-vous des contraintes ?

- Non, ça dépend des fois, je leur demande de s’adapter à moi, mais moi je m’adapte à eux aussi. Prohom, je sais que c’est quelqu’un qui aime travailler en toute liberté, je lui ai dit éclate-toi, pas de tabou, parle de cul, parle de ce que tu veux, tu peux te lâcher, la contrainte c’est que j’aime bien pouvoir intégrer la peau d’un personnage en laissant une part à mon imagination, que je puisse façonner le personnage sur tous ses angles, par exemple la nana de « Pas si vieille », la chanson de Prohom, je sais comment elle s’habille, quel type de bijoux elle porte, quel genre de mec elle aime bien se taper, planter le décor du lieu où elle vit, les draps qu’il y a dans son lit. C’est ça qui m’intéresse, c’est creuser après pour pouvoir aboutir à des choses scéniques intéressantes. Donc je demandais soit ça, soit de me mettre dans la peau d’une narratrice qui donne son regard sur les choses, sa violence par rapport à ce qu’elle raconte ou sa tendresse comme dans « les vieux amoureux ».

- Vous êtes interprète comédienne ?

- Avant la musique j’ai commencé par le théâtre, à l’âge de douze ans, j’avais déjà un rôle dans un gros spectacle son et lumière que je jouais pendant un mois, l’été. J’ai toujours fait du théâtre en parallèle.

- Le mélange des deux est une évidence ?

- Je trouve indispensable, quand on est comédien, d’avoir des notions de chant et de danse et quand on est chanteur, d’avoir des notions de théâtre. D’ailleurs, aux Etats Unis, on apprend les trois disciplines en même temps c’est un concept qui est nouveau, en France on ne prend pas ça au sérieux. Je trouve que ce sont des disciplines complémentaires.

- Pour réussir à s’exprimer pleinement, il y a quelquefois des compromissions ?

- Non, j’ai été très claire dès le départ, je ne suis pas arrivée à ce label (Polydor) par hasard, je voyais bien qu’il y avait Juliette, Paris Combo, des gens qui s’expriment en toute liberté justement, on sent dans leur musique qu’ils ont fait ça sans contrainte. Donc je choisis aussi le label en fonction d’un état d’esprit et d’une manière de travailler. Moi je ne peux pas supporter qu’on me dise ce que j’ai à faire, sur un plan artistique, autant je peux et je sais écouter et changer des choses, dans ma façon de m’exprimer ou autre mais du point de vue artistique, je ne tiens pas compte de ce qu’on me dit, je m’en contre fout, ça rentre par une oreille et ça ressort… je pense que ça doit faire son chemin quelque part mais je ne m’impose pas de restriction, et puis je travaille à l’instinct et jusqu’à présent ça m’a réussi.

- Et vous n’aviez pas envie d’écrire vous-même vos chansons ?

- Si, j’ai pas mal de texte que j’empile, les uns sur les autres. J’en ai quelquefois confié à des compositeurs, je n’ai pas eu les résultats que je voulais, donc je les ai mis de côté. Sur l’album il n’y a que « la dispute » que j’ai écrit et co-composé et par le plus grand des hasards : en studio, le guitariste a joué un air de guitare et j’ai dit « oh mais ça irait bien avec un de mes textes ! » on l’a essayé et c’était dans la boîte tout suite. Mais c’est vrai que je suis très exigeante et j’avais envie de faire un très bon premier album avec des textes forts. J’ai trois chansons sur le point d’être terminées, on les sortira sur scène.

- A quand une tournée toute seule ?

- Bientôt, j’ai encore des premières parties avec Hawksley Workman, les Weepers Circus, en janvier, j’ai un concert à Toulouse (le 17) et ensuite je pars 18 jours avec Arthur H. faire ses premières parties, au Canada, et donc pour nous ça va s’étaler entre le printemps et les festivals.

- Avec les Weepers Circus, c’est une belle histoire, vous tournez avec eux depuis longtemps ?

- Ça ne pourrait pas être mieux, c’est la bande de potes, en tournée, c’est les Bronzés en vacances…

-  Pour votre spectacle, en plus des chansons de l’album, et les trois dont vous parliez, vous allez ajouter des « reprises » ?

- Non, pas besoin d’allonger, j’en ai plein, plein, le truc, c’est ça : Avant d’être signée chez Polydor, il faut savoir que je suis arrivée et j’ai dit : « vous me prenez avec mes envies, et mes convictions en me laissant faire ce que je veux où vous ne me prenez pas ! » du coup ils m’ont demandé d’emmener des chansons, « on verra ». J’ai apporté peut-être 40 ou 50 chansons avant de choisir les douze de l’album, 40 ou 50 chansons que j’aimais vraiment donc pour la peine on n’a pas besoin de reprises. Ce ne sont que des chansons originales qui sont ou ne sont pas sur l’album et qui ont été faites pour moi, sur ma demande et sur mesure.

- Toujours cette incroyable détermination , d’où vient-elle ?

- Je crois que c’est mon éducation, mes parents m’ont appris ça : quand on obtient quelque chose, c’est à la sueur de son front, mes grands parents étaient viticulteurs et cheminot, donc je sais ce que c’est que se battre pour obtenir ce qu’on veut . Alors je me bats, mais comme je me relève assez facilement de mes défaites ça ne m’empêche pas d’avancer ça c’est sûr !

- Vos chansons sont souvent teintées d’humour, est-ce que ça sauve ?

- Je ne sais pas si ça sauve mais moi en tout cas, j’avais envie de me marrer tout simplement, je me suis dit « c’est pas à 40 piges ou à 50 que tu vas chanter « J’aime pas l’amour » moitié twist moitié punk, voilà j’ai envie de profiter de tous les atouts que m’offrent ma jeunesse !

Notre Invitée en 5 questions

Votre plus grande passion ?

la musique

Une grande émotion ?

La naissance de mon petit frère pourtant je n’avais que 5 ans, je me souviens de ce moment comme si c’était hier, au moment où je l’ai eu à côté de moi, j’ai ressenti un truc un instinct de maternité, de protection, comme si y avait un truc, comme si je découvrais un sentiment qu’aucun autre ne pourrait dépasser, je crois que je retrouverai la même chose le jour où ce sera à moi d’avoir un bébé mais pour l’instant c’est vrai que je me souviens vraiment de ce jour là.

Votre plus grande aversion ?

L’hiver commence à venir et ça me donne envie d’hurler de voir encore dans ma rue, plein de gens dehors ...

Une cause que vous aimeriez défendre ?

Peut-être la cause de la musique la chanson française de sous-sol… Je conseille à tous les petits jeunes, de se pencher sur les Têtes Raides, Weepers Circus, Juliette et les autres…

Ce qui vous manque le plus ?

Ma famille, ça fait trois mois que je ne suis pas rentrée, chaque jour qui passe je me dis que je sens qu’il va falloir que je rentre parce que je suis au bord de craquer, mes parents, mon petit frère, une de mes meilleures amies, je rentre dans 15 petits jours …


Bonne route Olivia et merci pour votre disponibilité !

Pour en savoir plus : http://www.olivia-ruiz.com

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