dimanche 1er juin 2003, par simone redon
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- Vous nous avez contacté pour les besoins d’un court-métrage, c’est donc
le « Conte des Couleurs » que vous allez mettre en scène ?
Je souhaite tourner un court-métrage du début du conte en Juillet 2003 et pour ce faire, je suis à la recherche de costumes de singes, assez réalistes, c’est au cours de cette recherche que j’ai pris contact avec vous. Je veux décliner ce conte sous plusieurs formes : un livre, un film, un jeu vidéo.
- Comment en êtes-vous arrivée à l’écriture de Color-Vortex ?
Au fil des expositions que j’ai pu faire, à force d’essayer de faire partager des couleurs aux gens, je me suis rendu compte que j’arrivais à un stade où il me fallait dire les choses autrement, avec un média nouveau, j’avais envie d’histoire, j’avais envie de parler de l’humanité, qu’est-ce que l’humanité, qu’est-elle devenue ?
- Vous êtes donc partie de très loin ?
On reprend l’histoire à l’époque où l’air et la terre étaient mêlés, on avait une atmosphère aqueuse. Le Big Bang, la scission des continents, autant d’événements retracés par l’histoire et vécus par le héros. L’espace-temps est bouleversé. Le héros grandit en même temps que la terre alors que ça a pris des millions d’années.
- Et l’intrigue ?
Le début de l’histoire se passe chez les dieux. Des dieux très proches de l’homme, chez lesquels on se reconnaît complètement. Quand les dieux deviennent plus droits, plus justes, qu’ils élèvent leur âme, se donne une fête céleste dans le cosmos. Ce n’est ni un ballet ni un banquet c’est une création artistique commune. Les dieux canalisent toutes les énergies contenues en eux et les projettent sur un globe représentant la terre. Les flux d’énergies doivent être parfaitement maîtrisés car les créations artistiques sont vivantes et évoluent elles aussi. Le point de départ de l’intrigue se produit au cours d’une de ces fêtes avec l’apparition de l’antimatière créée involontairement par les jeunes dieux ne maîtrisant pas bien leur rotation d’énergie. Cette antimatière prend le contre-pied des couleurs, elle leur arrache leur teinte dès leur naissance. Les dieux vont envoyer un des leurs sur terre pour la guérir de l’antimatière, du néant. Le temps s’accélère, les singes apparaissent et donnent naissance à notre héros « l’homme-qui-allait-apprendre-à-voir ». Sur terre, de nombreux singes ne voient pas les couleurs.
- Même si c’est un conte, il faut une base plausible ?
Oui, c’est pour ça que j’ai fait beaucoup de recherches. Le début de l’intrigue se passe dans un monde de singes : en remontant au commencement de la vision des couleurs, certains singes les voyaient et d’autres non. La vision colorée fut propagée par les femelles singes. La science est sous jacente dans le manuscrit, j’ai trouvé quantité de choses intéressantes, j’aimerais faire connaître certains articles.
- Quel était votre but en écrivant ce conte ?
Dire les couleurs, tout ce qu’elles renferment en elles avec des mots en les accompagnant quand même de couleurs palpables, le héros va apprendre à revivre la compassion, la foi, l’enfance, autant de notions simples, légères qui nécessitent pourtant tellement d’introspection, d’écoute intérieure… Je pense que ça vaut le coup d’en parler.
- Quelle importance donnez-vous à l’antimatière ?
Plastiquement traduite par du goudron. Je travaille avec le goudron depuis toujours, c’est un peu ma marque de fabrique. La notion de matière et d’antimatière est très importante parce que ça raconte le monde : la vie est basée sur une tension, je crois que beaucoup de gens le ressentent ainsi, c’est comme un courant alternatif, quand ça bouge, ça se met en mouvement, c’est là que l’énergie se créée. Pour les couleurs, la mise en tension se fait grace au noir, notament. On reprend le concept du bien et du mal, du noir et du blanc. Au début c’est l’unité, la couleur est tellement « un » qu’on ne peut la contempler, il faut une scission, le noir est le nécessaire du blanc, le bien est le nécessaire du mal la matière de l’antimatière, l’antimatière de la matière.
Au fil de notre entretien Stéphanie racontait le conte et racontait sa démarche artistique. Même si tout reste à faire son projet semble très abouti, comme une réalité nécessaire. Aussi il m’a paru comme une évidence d’apporter notre soutien à cette entreprise et Stéphanie aura page ouverte dans cecicela et vous tiendra au courant de l’évolution de son travail avec une sorte de carnet de bord où elle pourra nous livrer ses sentiments et vous mettre à contribution pour ses besoins… Elle est toujours à la recherche de costumes de singes mais elle est aussi en train de constituer son équipe pour le tournage et de chercher son financement. Son crédo est simple :
« Ce que j’ai appris de plus important sur la terre, jusqu’à maintenant, je veux le mettre dans ce projet et c’est tellement important que je vais en faire un court-métrage, peut-être plusieurs ou un film, si j’en trouve le financement mais aussi un livre, un livre un peu à part, un livre secret… »
Donc « page ouverte à Stéphanie Varéla » quand elle veut !
Pour découvrir d’autres œuvres de Stéphanie n’hésitez pas à visiter le site http://www.lesdoigtsbleus.com/ : elle est aussi vice-présidente, du Collectif de Création Artistique LeS dOiGtS bLeUs association régie par la loi de 1901 qui a pour but de promouvoir « l’art dans la vie ».