mercredi 16 avril 2003, par simone redon
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Il aime la nature dans ce qu’elle a de plus grand,
de plus imposant mais aussi dans ce qu’elle a de plus petit. Thierry-Marc aime ranger, classer, il aime la profusion, avec ce plaisir de tout trier, il a fait tout naturellement des tableaux avec des cases, bien rangées, entre BD et cinéma, ses formats tout en longueur ou hauteur enferment mille techniques, mille surprises… Un de ses tableaux n’est pas un tableau mais 5, 7 ou 10 le tout formant un ensemble harmonieux.
En visitant l’atelier (et les dépendances) on est surpris par la quantité de productions : les travaux de Thierry sont partout, dans tous les coins et les recoins…
J’ai 40 ans et comme je ne les vends pas tous, ça fait 20 ans que je peins… j’ai eu le temps de constituer un stock.
Beaucoup de tes travaux sont sur la longueur partagée en cases, c’est ton style ?
Tous les tableaux avec les cases, c’est un clin d’œil à la BD, aux musées, à l’alignement des tableaux dans les musées, dans les bouquins. C’est pratique, je ne vois pas comment les présenter autrement… à part les classeurs, les dépliants, mais c’est difficile avec les matières, les épaisseurs.
Chaque tableau raconte-t-il une histoire, quel est ton cheminement ?
Non, ce n’est pas une histoire. Je commence d’entrée à compartimenter suivant mes sujets, un arbre pour le vertical, un champ pour l’horizontal puis une matière il y a des correspondances entre les cases, il faut qu’il y ait une cohérence, une harmonie d’ensemble. Si le premier est bon, le deuxième va bien, tu vas finir le tableau. Si au contraire, t’as des problèmes d’harmonie sur le deuxième… Il m’est arrivé d’en couper, un bout puis un autre et ça se termine à la poubelle. Il m’est arrivé d’en garder pendant un ou deux ans, un truc qui n’allait pas, je le ressortais de temps en temps, ça n’allait toujours pas, je mettais à la poubelle ou bien je trouvais et je terminais.
Quand tu commences un tableau, le vois-tu déjà terminé ?
Très flou, j’en ai une vague idée mais je ne le vois pas vraiment. Quand je commence à peindre, je n’ai pas d’idée d’ensemble, c’est sur l’instant, En fait c’est construit au fur et à mesure, une fois que le premier est fait ça s’enchaîne, comme la première phrase d’un texte…
Un autre plaisir du peintre : découper des formes dans du bois, les poncer, les polir, les lustrer avec une telle passion pour la matière qu’elles en deviennent vivantes. Et il les utilise, dans ses cases, sur ses totems, ou encore assemblées entre elles en sculptures 3D. Il en fabrique tous les jours et son atelier en regorge.
- Tu ne peins pas que des cases ?
En ce moment c’est peut-être une période où je ne sais pas si je dois continuer des cases ou partir vers autre chose, je travaille mes morceaux de bois
En fait les morceaux de bois, c’est le temps de la réflexion, la remise en question ?
Oui, je crois, en même temps quand je fais ça, je nettoie beaucoup mon atelier, et je me dis aujourd’hui je vais faire dix morceaux de bois, demain je vais en faire dix… il faut qu’il y ait un compte. Et puis, 40 ans, c’est un passage qui me travaille, c’est peut être pour ça que je peins moins… la remise en question de la peinture, les sujets… Les pièces de bois ressemblent à des poissons, ça grouille, on dirait de l’animal, du végétal, dans les trucs en bois, j’en vois plein de terminés, c’est le nombre de pièces qui manque. La petite pièce de bois c’est un médium, c’est comme un objet que je connais bien, à force de le façonner, j’y pense, tout simplement, savoir où je vais mettre la cheville, selon sa forme, ça devient intéressant pour voir comment on va le transformer. Soit il se fixe, soit il est éphémère… ça n’existe pas si on fait comme une performance. J’imagine avoir 2000 pièce de bois, faire une vague, la prendre en photo, faire onduler la vague, la reprendre en photo etc. une œuvre éphémère. Y a plein d’artistes qui ont travaillé avec ce genre de technique, l’art éphémère…
Quand j’allais dans les musées, je savais, au musée du jeu de paume, je connaissais la place de chaque tableau, même chose à Beaubourg,.
J’ai besoin de classeurs, de boites, de tiroirs, de cases finalement.
J’adore les tableaux devant lesquels tu peux passer des heures, j’ai très vite aimé la peinture surréaliste, se retrouver comme ça dans une boite de jouets, Action Jo, des petits soldats, quand j’étais petit, je trouvais un tas de chose dans la pelouse. Les pièces de bois ça a quelque chose de la boite de jouets : je vide la boite, je dispose les pièces, je prends une photo, je range… j’étais fou de maquettes, avec les petits bouts de parquets, je jouais des heures, j’ai toujours aimé la bricole et je suis un frustré de ne pas être un menuisier, un maçon , tout ces métiers qui sont de la construction, l’architecture…
Son atelier, au fond d’un jardin en banlieue
parisienne,un petit coin de campagne au milieu de la ville, proche de la Seine, est trop petit face à la capacité de production de l’artiste !
Le Musée de Bressuire (79) accueille les oeuvres de Thierry Marc Brouet du 5 au 19 Février 2006. 2, Place de l’Hôtel de Ville - Tél. 05 49 65 26 79
Ouverture samedi et dimanche de 14 h.30 à 18 h.en présence de l’artiste.
Votre plus grande passion ?
La Peinture, l’Art
Une grande émotion ?
la petitesse humaine face à la grandeur de la nature
Votre plus grande aversion ?
la Peinture ( !)
Une cause que vous aimeriez défendre ?
Le Racisme
Ce qui vous manque le plus ?
Les gens, ceux que tu perds...
Que penses-tu qu’il y ait dans le sac de ton amie ?
Des petits bouts de tout !
Elle ne jette rien, met tout au fond de son sac et fait le ménage de temps en temps.