jeudi 9 août 2001, par simone redon
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Fraîchement réélue au Conseil Municipal d’une ville de 34200 habitants, en banlieue parisienne, Monique Desmanet mène tambour battant ses responsabilités professionnelles et municipales.
- Et si vous nous présentiez votre commune ?
La particularité de ma ville, c’est, comme Paris, une ville construite des deux côtés de la Seine. Il y a des grandes zones pavillonnaires, quelques îlots un peu plus difficiles et une zone « grands ensembles ». Cette ville est coupée en quatre : par la Seine et par une nationale, ce qui fait qu’il y a plusieurs centres possibles : la poste et la Mairie, la Cathédrale, on ne sait pas trop situer le vrai centre.
Quelles sont vos fonctions au sein de votre conseil municipal ?
Conseillère Municipale, je me suis inscrite aux commissions culture, petite enfance centres aérés, enseignement…
Votre mission ?
Etre une force de propositions, j’aimerai que ma ville s’engage sur le contrat éducatif local, c’est l’organisation de toutes les activités périscolaire (le soir et le mercredi) et extra scolaire (temps de vacances) : soit des activités ludiques, sportives, ou des activités plus scolaires.
- Le Conseil Municpal : les fonctionnaires d’état ne sont-il pas surreprésentés ?
Finalement non, ils ne sont pas très représentés, par contre beaucoup de membres sont retraités, nous avons aussi des femmes au foyer, quelques chefs d’entreprise, c’est assez mélangé.
- Le mélange des groupes politiques est-il hostile ou constructif ?
On essaie de travailler ensemble ! Avec ce nouveau conseil, tout le monde semble vouloir travailler positivement même s’il reste des progrès à faire de ce côté là.
- Rencontrez-vous beaucoup vos administrés ?
je les rencontre directement dans les deux conseils d’école où je suis représentante de la municipalité. J’ai la chance d’avoir des écoles où il est agréable de travailler, où l’on peut faire avancer les choses, pour le bien des gamins, ce sont des écoles de mon quartier, je connais les enfants, les mamans, dans l’ascenseur de mon immeuble, ils n’hésitent pas à poser des questions etc. j’essaie d’être une élue de proximité, près des gens.
- Vous avez fait les marchés pendant la campagne électorale, comme tout le monde, est-ce le lieu idéal pour promouvoir ses idées ?
Ce n’est pas ce qui me plait le plus, je pense qu’il est plus intéressant de participer à la vie associative et au quotidien de mon quartier.
- Cette activité doit prendre tout votre temps libre ?
ça prend beaucoup de temps, le temps des conseils municipaux, le temps de la préparation de ces conseils, les réunions des différentes commissions, le temps de participer aux conseils d’écoles, de les préparer selon l’ordre du jour, tout ce qui concerne la municipalité appelle des réponses, donc je vais à la mairie rencontrer les chefs de service afin d’apporter des réponses j’essaie de ne pas arriver les mains vides.
- Réussissez-vous à retirer votre casquette "Education Nationale" quand vous avez celle de Conseillère Municipale ?
Je crois que c’est une aide dans les deux sens mais ça n’interfère pas car c’est très clair dans ma tête ! Quand je suis au collège, je suis chef d’établissement et fonctionnaire, les espaces sont bien séparés et délimités, je n’exerce pas mon métier dans la ville où je suis élue. On ne peut pas être juge et partie.
- La charge de travail d’un Conseiller Municipal d’une ville comme ici ne mériterait-elle pas une disponibilité totale, un temps complet ?
Le maire d’une telle ville ne peut être que maire à temps complet !
Il est vrai que, en tant que Conseillère Municipale, si j’arrivais à dégager une demi-journée, j’y consacrerais plus de temps. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé d’être adjointe au maire. Il faut vraiment être disponible.
- Envisagez-vous d’être maire ?
Pas ici, c’est trop grand ! il faudrait une formation, ou alors déléguer toute la gestion, c’est un peu dommage.
- Que pensez-vous de la loi sur la parité ?
On va voir ça à deux niveaux : premier niveau le niveau législatif, la France légifère ! on ne peut pas faire passer quelque chose si on ne légifère pas ! Même si on est un pays coutumier, il faut des lois. De ce point de vue là, je suis contente ! tout le monde s’est mis en conformité avec la loi. Ceux qui ne l’étaient pas ont dû s’y mettre. Maintenant la loi entre forcément en contact avec la réalité et là c’est « l’impérialisme » de la coutume ! Beaucoup de femmes sont apparues sur les listes électorales, dans les conseils municipaux il y a la parité mais elle s’arrête souvent au bureau municipal, instance décisionnaire qui regroupe le maire et les adjoints ! En fait les femmes sont plus nombreuses à voter les décisions qu’à les prendre !
- La parité est-elle réellement réalisable dans le sens où les femmes sont-elles aussi nombreuses que ça à vouloir participer à ce point à la vie de leur ville ?
Ici il n’y a eu aucune difficulté à trouver des femmes qui veulent s’investir.
- Au point de vue idéologique, n’est-il pas scandaleux d’en venir à une loi sur la parité ? pourquoi le même nombre ?
Honnêtement, je ne suis pas pour imposer ça. La coutume fait que à un moment ça va être détourné ou contourné et dans la réalité, sur le terrain on est revenu à ce qui se passait avant. Sur le plan légal je pense qu’on ne pouvait pas y échapper et petit à petit les femmes vont prendre leur place.
- Quand vous avez débuté avez-vous rencontré des difficulté parce que vous êtes une femme ou pour faire passer vos idées ?
Je n’ai pas rencontré de difficulté, j’ai pu m’exprimer et faire passer mes idées mais, dans une grande ville pour faire de la politique à un niveau intéressant il faut appartenir à un parti, moi j’ai le soutien d’un parti, c’est peut-être plus facile, dans une grande ville. Se faire élire sans étiquette, si on est une femme dans une grande ville c’est tout de même inespéré, voire miraculeux ! à moins d’être très connue.
- Pourquoi avoir décidé de faire de la politique ?
Je suis tombée dedans quand j’étais petite ! mais j’ai réellement commencé vers 40 ans. Je suis conseillère municipale depuis 1995 et je me suis inscrite dans un parti en 1988. Je me suis toujours intéressée à la politique.
- Ne vaut-il pas mieux faire de la politique quand on est jeune, ardent et battant plutôt qu’à la maturité ?
Les gens qui font de la politique depuis tout jeune ne font que ça et sont ’ au moule à, devenus des professionnels de la politique et à ce moment là l’Idéal et les valeurs en prennent un coup. J’ai préféré construire ma vie professionnelle d’abord, j’avais la vocation d’enseigner. C’était plus fort qu’autre chose. L’année de mes quarante ans, je me suis dit : « maintenant que tu t’es intéressée » toi, il faudrait peut-être t’intéresser aux autres en tant qu’adultes à et j’ai décidé de me mettre autrement au service de la collectivité .
Antoine Vitez a dit "Je ne crois pas avoir été mis sur terre pour laisser les choses en l’état", cette phrase me correspond assez bien, il y a plein de choses qui ne me conviennent pas et je veux, à mon niveau, les changer. J’aime la politique de proximité.
Votre plus grande passion ?
L’idée de pouvoir améliorer les choses pour le plus grand nombre
Votre dernière grande émotion ?
L’élection de Mitterrand en 1981
Votre plus grande aversion ?
- l’exploitation des enfants dans toutes ses dimensions
La cause que vous aimeriez défendre ?
-L’accès universel à la musique, que tout le monde puisse jouer d’un instrument !
- Ce qui vous manque le plus ?
le temps de flâner, jouer les badauds