lundi 23 juillet 2001, par simone redon
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Après avoir pratiqué l’équitation pour le plaisir, Marie-France, son bac en poche, est partie en Afrique du sud pour faire des photos à cheval. Après avoir cherché son accomplissement professionnel dans divers domaines elle a enfin trouvé satisfaction avec le Yoga.
- Après quel parcours êtes-vous devenue professeur de Yoga ?.
Au retour d’Afrique du Sud j’ai travaillé dans un service de communication presse publicité, relations publiques dans une grande entreprise j’aimais assez le travail mais pas la vie de bureau, j’ai fait des saisons dans des commerces, dans le sud de la France. J’ai appris la graphologie, j’ai fais une école de commerce et publicité. Enfin , pendant 3 ans, j’ai suivi les cours d’une école de yoga. On avait des cours d’anatomie de physiologie et avant de pouvoir donner un cours il faut être bien en soi, donc on a des cours, très durs à suivre mais si on passe au travers c’est bien ! J’aimais enseigner, j’aimais le yoga, je me suis lancée !
- Comment avez-vous découvert le Yoga ?
Je l’ai découvert pour moi. On en disait tout et rien. J’ai commencé avec une femme assez âgée, je pense que le fait qu’elle soit âgée représentait la sagesse. Elle m’a aiguillée vers plusieurs méthodes j’en ai essayé deux. C’est toujours à peu près la même chose, ensuite, j’ai trouvé celle qui me convenait, elle était plus rigoureuse, on choisit la méthode en fonction de soi.
- Il y a donc plusieurs sortes de yogas ?
Oui et je me méfie beaucoup des yogas où on mélange le fait qu’on soit, nous, Européens et les Indous, on est totalement différents, on ne peut pas mélanger, eux sont souples parce qu’ils mangent différemment, le climat est différent, la culture aussi. Souvent, il y a des amalgames qui peuvent être dangereux. J’ai essayé de faire un yoga pour nous, européens, qu’il soit adapté à notre mode de vie.
- Quand s’aperçoit-on du mauvais choix de la méthode ?
Quelqu’un qui n’est pas fait pour la méthode, va s’arrêter tout seul, assez vite. Quant à ceux qui veulent une recette pour un but précis, par exemple perdre 3 kilos ! il vaut mieux faire de la gymnastique. Les plus terribles sont ceux qui croient savoir mais il s’arrêtent vite car il ne peuvent pas se remettre en cause.
- Qu’est-ce que ça vous a apporté ?
ça apporte, il n’y a pas de recette. C’est un état d’esprit : accepter de se remettre en question sans arrêt et l’humilité : savoir qu’on ne sait jamais tout, il faut pouvoir désapprendre avant d’arriver à quelque chose d’intéressant.
- Que faut-il désapprendre ?
Ce que l’on nous a inculqué : les notions de mérite, de jugement, tout ce qui nous pourrit la vie. Ensuite il faut apprendre à écouter son corps avant de vouloir faire des choses, de calquer une image ou d’être toujours fort etc. c’est pas facile. Il faut imaginer qu’on démarre à zéro.
- Cela créée de nouvelles influences, ne sont-elles pas elles-mêmes soumises à nos précédents savoirs ?
Peut-être ce que l’on savait quand on était tout petit et qu’on a oublié. C’est une simplification. Un enfant très petit fait du yoga naturellement c’est instinctif et l’on est influencé par nos modèles.
- On ne peut pas rester sans se créer des règles !
A force de se protéger par des règles on se dénature. Le yoga c’est une école de vie. C’est toujours un état de vigilance sur ce que l’on est. « a passe par le corps et avant de traiter la tête il faut être bien dans sa… ’ viande à je dirais. Le yoga relie le corps à l’esprit. Et les postures sont des exercices qui symbolisent la vie. Les postures sont très imagées. On a des positions par exemple oû l’on reste allongé, c’est la position dite du cadavre, c’est très significatif et on ne se retrouve que par le va et vient du ventre qui est la respiration, plus on va simplifier plus ça va être difficile, on reste sur le côté vital : respirer, écouter le bruit de la respiration. Celle-ci nous aide à gérer nos émotions. Quand on est triste, en colère ou heureux on ne respire pas pareil. Dans chaque cours on a des petits "contrats" par exemple un jour on va décider de rester plus longtemps dans la posture. « a veut dire que je vais m’organiser, je ferai une position ou une posture moins jolie que d’habitude puisque j’y reste plus longtemps il faut que ce soit plus confortable. Une autre fois on va programmer au niveau du mental. Visualiser telle chose et le programmer au niveau de son corps.
- Vous tenez compte du côté esthétique des postures ?
Non puisque cela voudrait dire faire une performance hors le yoga c’est justement rester humble. C’est une attitude mentale. On va quelquefois jusqu’au ridicule, de quoi on a l’air n’est pas important. La reconnaissance de nos propres limites ne doit pas être un problème. Dans la douleur par exemple savoir qu’en soi-même on a tout ce qu’il faut pour tenir le coup même si on croit que l’on ne peut pas. C’est comme si en soi on secrétait une espèce d’énergie qui permette de remonter.
- Le yoga amène tout naturellement à la méditation ?
Il y a tout le côté un peu "mystique" chacun a sa religion, sa croyance on doit respecter cela, le dieu change de nom et devient amour par exemple. Mais il faut commencer par être bien à l’intérieur de son corps avant de penser à la méditation.
- Quand on cherche à se connaître à trouver des force insoupçonnées en soi ça ressemble à l’égoÔsme, non ?
Il y a plein de pièges dans ce chemin là. Certains, dès qu’ils ont un petit résultat en sont contents et peuvent mal l’utiliser. Le vrai sage est celui qui sera le plus simple. C’est simplement "je suis" et non pas "moi, je" On appelle ça l’hyper conscience.
- Quel est votre objectif personnel ?
D’être le plus proche de ce pourquoi je suis née. Je crois que chacun naît pour quelque chose et il faut se compléter, ne pas rester inachevé alors on peut atteindre l’épanouissement. Il faut être très respectueux des gens qui viennent en cours : ils s’abandonnent et là on pourrait avoir un grand pouvoir sur eux et l’utiliser de façon négative. On peut être trop suggestif, il faut leur laisser la liberté. Certaines personnes sont tellement perdues qu’on pourrait leur imposer n’importe quoi, c’est l’effet inverse. C’est le principe des sectes. Si le professeur a des intentions il peut arriver à ses fins.
- Pour ne pas imposer ses pouvoirs dans le bon ou le mauvais sens, il faut avoir une maîtrise incroyable !
Non, une honnêteté intérieure importante et toujours l’humilité. On est juste là pour les guider, les encadrer mais c’est l’élève qui fait son cours, qui joue son morceau.
- Y a t-il différents niveaux dans le Yoga ?
Il n’y a pas de niveau, pas de jugement, durant les cours, c’est le silence. C’est une sorte de voyage intérieur donc les personnes, qu’elles soient plus ou moins avancées, ne portent pas de jugement. Certains ont toujours besoin de se sentir "avancés" ; alors que dans le yoga c’est un besoin de croître permanent. La leçon peut durer une heure mais le yoga est aussi un état, il est adapté à la vie quotidienne.
- Comment êtes-vous pendant les cours ?
Il faut donner le meilleur de soi-même à chaque cours. Pendant un bon cours de yoga, je suis tellement proche des "élèves" que je peux les entendre penser à la limite, c’est un moment magique qui me comble. Je prépare mes cours mais il peuvent être différents si je sens un besoin dans le groupe de revoir quelque chose ou d’apprendre quelque chose de nouveau. J’apprends aussi sans cesse.
- Les élèves sont-ils plutôt jeunes, ‚gés, hommes, femmes ?
La maturité n’ayant pas d’âge, les élèves peuvent avoir tous les âges Il y a plus de femmes, elles ont peut-être plus de temps, c’est une démarche assez féminine mais il y a des hommes aussi. Il faut s’investir, les personnes un peu déprimées, ou envoyées par les médecins pour des problèmes respiratoires ou autre, y croient à moitié mais cela peut les aider à surmonter. Il faut savoir adapter la dépense d’énergie à son état et économiser les moyens pour ne pas perdre cette énergie. C’est prendre soin de soi-même.
- Que diriez vous pour convaincre les gens d’en faire ?
Essayez !
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